L'exil
Ce soir la ville est morne, les arbres sont en deuil.Les carreaux larmoyants ont des teintes bleuâtres.Pourtant, aucun passant ne pleure, aucun cercueildans les rues désertées d'un Paris acariâtre.
Ce teint sombre et muet, ce silence morose,il trouve son ardeur dans mon esprit hagard.Pour l'apaiser, tantôt j'ai couché ci ma prosemais elle ne peut défaire mes chaînes. Je m'égare
dans les traits dilués par les larmes versées.Bientôt je partirai, et mes rêves d'enfantsresteront tous ici. Et c'est le cœur gercéque je m'assoupirai à l'aube, caressant
d'une main frémissante, le velours des fauteuils.Un son strident retentira, note angoissante,glas sourd annonçant mon exil; en un clin d'œilles balustrades, les toitures grises opalescentes
seront déjà perdues dans la brume aurorale.
Un poème sur une ville endeuillée et le départ qui approche.
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© Elliot Négrel-Jerzy. Tous droits réservés. Merci de ne pas reproduire ce poème sans autorisation ; de courtes citations avec mention de l'auteur sont bienvenues.